La rivière enchantée
Au bord de la rivière;
On se croit auc bord de la mer.
Quand un héron vient pecher;
L'eau a l'air toute sallé.
Les poissons sont emporté par le courant;
Ils se laisseent emporter tranquillement
Vous vous faites agresser ?
Allez-vous y baigner!!!
Vous serez pardonné;
et tout sera oublié !!!!!!!!!!
mehdi vannier
gaetan le gac
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Un jour, sur ses longs pieds, allait, je ne sais où, Le héron au long bec emmanché d'un long cou : Il côtoyait une rivière. L'onde était transparente ainsi qu'aux plus beaux jours ; Ma commère la carpe y faisait mille tours Avec le brochet son compère. Le héron en eût fait aisément son profit : Tous approchaient du bord ; l'oiseau n'avait qu'à prendre. Mais il crut mieux faire d'attendre Qu'il eût un peu plus d'appétit ; Il vivait de régime, et mangeait à ses heures. Après quelques moments, l'appétit vint : l'oiseau S'approchant du bord, vit sur l'eau Des tanches qui sortaient du fond de ces demeures. Le mets ne lui plut pas ; il s'attendait à mieux, Et montrait un goût dédaigneux Comme le rat du bon Horace. "Moi, des tanches ! dit-il ; moi, héron, que je fasse Une si pauvre chère ? Et pour qui me prend-on ?" La tanche rebutée, il trouva du goujon. "Du goujon ! c'est bien là le dîner d'un héron ! J'ouvrirais pour si peu le bec ! aux dieux ne plaise !" Il l'ouvrit pour bien moins : tout alla de façon Qu'il ne vit plus aucun poisson. La faim le prit ; il fut tout heureux et tout aise De rencontrer un limaçon. Ne soyons pas si difficiles ; Les plus accommodants, ce sont les plus habiles ; On hasarde de perdre en voulant trop gagner. Gardez-vous de rien dédaigner, Surtout quand vous aurez à peu près votre compte... Jean de La Fontaine |
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Le grand ours est dans sa cage, Il s'y régale de miel. La Grande Ourse est dans le ciel, Au pays bleu des orages. Bisque ! Bisque ! Bisque ! Rage ! Tu n'auras pour tout potage Qu'un balai pour ton ménage, Une gifle pour tes gages Et un singe en mariage. |
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Un oiseau siffle dans les branches Et sautille gai, plein d'espoir, Sur les herbes, de givre blanches, En bottes jaunes, en frac noir.
C'est un merle, chanteur crédule, Ignorant du calendrier, Qui rêve soleil, et module L'hymne d'avril en février. ............................. Pourtant il vente, il pleut à verse ; L'Arve jaunit le Rhône bleu, Et le salon tendu de perse, Tient tous ses hôtes près du feu. ............................. Lustrant son aile qu'il essuie, L'oiseau persiste en sa chanson, Malgré neige, brouillard et pluie, Il croit à la jeune saison.
Il gronde l'aube paresseuse De rester au lit si longtemps Et, gourmandant la fleur frileuse, Met en demeure le printemps.
Théophile Gautier |
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Ce sont les mères des hiboux Qui désiraient chercher les poux De leurs enfants, leurs petits choux, En les tenant sur les genoux. Leurs yeux d’or valent des bijoux, Leur bec est dur comme cailloux, Ils sont doux comme des joujoux, Mais aux hiboux point de genoux ! Votre histoire se passait où ? Chez les Zoulous ? Les Andalous ? Ou dans la cabane bambou ? A Moscou ? Ou à Tombouctou ? En Anjou ou dans le Poitou ? Au Pérou ou chez les Mandchous ? Hou ! Hou ! Pas du tout, c’était chez les fous.
Robert Desnos |
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Maître corbeau, sur un arbre perché, Maître renard, par l'odeur alléché, " Hé ! bonjour, monsieur du Corbeau ! Sans mentir, si votre ramage A ces mots le corbeau ne se sent pas de joie : Le renard s'en saisit, et dit : "Mon bon monsieur, Cette leçon vaut bien un fromage sans doute." Jean de la Fontaine |
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| Le poisson rouge De mon école A la rougeole Il ne veut pas Que chacun voie Ses boutons rouges Dès que l'eau bouge Le peureux plonge Sous une éponge Moi je connais La vérité Mais je me tais Le poisson sait Que dans l'école Je cache et colle Mon chewing-gum Sous l'aquarium |
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J'avais un cheval Dans un champ de ciel Et je m'enfonçais Dans le jour ardent. Rien ne m'arrêtait J'allais sans savoir. C'était un navire Plutôt qu'un cheval, C'était un désir Plutôt qu'un navire, C'était un cheval Comme on n'en voit pas...
Jules Supervielle |
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Le pauvre crocodile n'a pas de C cédille On a mouillé les L de la pauvre grenouille Le poisson scie A des soucis Le poisson sole Ca le désole
Mais tous les oiseaux ont des ailes Même le vieil oiseau bleu Même la grenouille verte Elle a deux L avant le E
Laissez les oiseaux à leur mère Laissez les ruisseaux dans leur lit Laissez les étoiles de mer Sortir si ça leur plaît la nuit Laissez les p'tits enfants briser leur tirelire Laissez passer le café si ça lui fait plaisir
La vieille armoire normande Et la vache bretonne Sont parties dans la lande en riant comme deux folles Les petits veaux abandonnés Pleurent comme des veaux abandonnés
Car les petits veaux n'ont pas d'ailes Comme le vieil oiseau bleu Ils ne possèdent à eux deux Que quelques pattes et deux queues
Laissez les oiseaux à leur mère Laissez les ruisseaux dans leur lit Laissez les étoiles de mer Sortir si ça leur plaît la nuit Laissez les éléphants ne pas apprendre à lire Laissez les hirondelles aller et revenir
Jacques Prévert |
et des fables:
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Araignée du matin : chagrin, pensait un bébé coccinelle cherchant à libérer ses ailes.
Araignée du midi : souci grognait un rat dans son chagrin de voir un chat près de sa belle.
Araignée du soir : espoir, disait au briquet l'étincelle mourant dans le vent du jardin.
Mais l'araignée dans sa nacelle prisonnière à vie de sa faim rêvait qu'elle était hirondelle.
Pierre Béarn |
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La raison du plus fort est toujours la meilleure ; Nous l'allons montrer tout à l'heure. Un agneau se désaltérait Dans le courant d'une onde pure. Un loup survient à jeun, qui cherchait aventure, Et que la faim en ces lieux attirait. "Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ? Dit cet animal plein de rage ; Tu seras châtié de ta témérité. _ Sire, répond l'agneau, que Votre Majesté Ne se mette pas en colère ; Mais plutôt qu'elle considère Que je me vas désaltérant Dans le courant, Plus de vingt pas au-dessous d'elle ; Et que, par conséquent, en aucune façon, Je ne puis troubler sa boisson. _ Tu la troubles ! reprit cette bête cruelle, Et je sais que de moi tu médis l'an passé. _ Comment l'aurais-je fait si je n'étais pas né ? Reprit l'agneau ; je tète encore ma mère. _ Si ce n'est toi, c'est donc ton frère. _ Je n'en ai point. _ C'est donc quelqu'un des tiens ; Car vous ne m'épargnez guère, Vous, vos bergers et vos chiens. On me l'a dit : il faut que je me venge." Là-dessus, au fond des forêts, Le loup l'emporte et puis le mange, Sans autre forme de procès. La Fontaine |
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La cigale, ayant chanté tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue : Pas une seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle. " Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l'août, foi d'animal, Intérêt et principal. " La fourmi n'est pas prêteuse : C'est là son moindre défaut. " Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse, - Nuit et jour, à tout venant Je chantais, ne vous déplaise. - Vous chantiez ? J'en suis fort aise : Eh bien ! dansez maintenant. "
La Fontaine |



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